Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Cambre d'Ase par le couloir du Vermicelle(2014) PD+

09/02/2014 : station d’Eyne – pied du cirque – couloir du Vermicelle – grande cheminée – entrée du Bougnagas - station d’Eyne

Il y a presque un an, jour pour jour, je faisais connaissance avec le si bien nommé, couloir du Vermicelle, dans le cirque glacière du Cambre d’Ase. La météo très mauvaise en ce cœur d’hiver, nous accorde une courte fenêtre de sortie. C’est le moment d’en profiter, et d’y amener Yannick pour y faire son baptême. C’est un couloir d'initiation idéal.

 

Le jour se lève sur le Carlit et les Colls Roig

SAM_0636 Panorama.JPG

 

Nous quittons le parking de la station de ski d’Eyne à 8h45, et l’on chausse immédiatement les raquettes. La progression sur les pistes damées est un régal. Puis, nous remontons le dernier tire-fesse et l’on abandonne les pistes pour la forêt. Il faut remonter une grosse butte assez pentue. Heureusement, la neige bien dure nous porte parfaitement bien. On attaque donc de front, ce premier obstacle, et l’on arrive facilement au dessus de la forêt, là où les arbres luttent pour survivre dans le froid du cirque. On incline un peu notre marche vers la droite, pour se rendre sous le couloir convoité.

 

SAM_0647.JPG

 

Gros plan sur le Vermicelle

SAM_0648.JPG

 

A 10h05, nous nous arrêtons pour la première pause, et remplacer la paire bâtons/raquettes par la paire crampons/piolets. Nous avons mis 1h20 pour effectuer l’approche. Fini la randonnée, maintenant vont commencer les choses sérieuses. La température est de -5°C, mais sans vent, ce qui change beaucoup de choses. Nous entamons la remontée du cône de déjection à 10h30. La neige est en parfaite condition, un régal. Il n’y a aucune trace, donc c’est à nous de la faire. Cela va rendre le couloir plus intéressant. Pour une découverte pour Yannick, on ne peut pas rêver mieux.

 

Au Nord, gros plan sur le Puig de Solana Carnicera, Pic Carlit au centre et Tossal Colomer en avant

SAM_0652 Panorama.JPG

 

On s'approche

SAM_0654.JPG

 

La Grande Cheminée au fond

SAM_0656.JPG

 

Le cône de déjection est vite avalé, et nous entrons dans le couloir rapidement.

Entrée du couloir

SAM_0657.JPG

 

L’ambiance à l’intérieur est formidable. Juste ce qu’il faut de neige sur les parois latérales pour créer une atmosphère très alpine.

 

Au fond les Pérics

SAM_0659.JPG

 

Je passe en tête, les pointes accrochent et les piolets grincent. Yannick passe ensuite devant, pour me laisser souffler. Tantôt l’un, tantôt l’autre, nous dévorons ce Vermicelle avec un plaisir incroyable. C’est de la neige béton, le top ; qui aurait pu imaginer cela quelques 48 heures plus tôt. Notre progression s’effectue sur un rythme constant, presque aucun temps mort. Nous effectuons des rotations fréquentes en tête, pour se donner des séquences de repos plus efficaces.

SAM_0658.JPG

 

La sortie se rapproche mais il reste encore beaucoup d'effort à faire

SAM_0661.JPG

 

La sortie est imminente

SAM_0662.JPG

 

Pour la sortie du couloir, nous empruntons celle de droite. La corniche qui nous attend est bien relevée mais se laisse franchir sans difficulté. Le couloir est vaincu à 11h36, après 2h27 de marche. Nous sommes accueillis par un vent de Sud très vigoureux. Par -5,8°C ajouté au froid ressenti, ce n’est pas le moment de trainer par là, ça pique fort.

 

La corniche de sortie

SAM_0664.JPG

 

La sortie

SAM_0663.JPG

 

Nous nous dirigeons donc vers la Grande Cheminée pour replonger dans le cirque. Mais nous ne sommes pas les seuls. Deux Espagnols s’apprêtent à descendre en surf sans se soucier de notre présence. Connaissant à présent l’inconscience et l’imprudence de ces gens se croyant seuls au monde, c’est à nous de réagir. Nous mettons le cap sur la cime du Cambre, le temps que ces deux écervelés descendent le couloir. Bien nous en a pris, car la vue dominante sur la vallée de Planés est superbe. La face Nord/Ouest du Malaza a fière allure (pas de photo à cause du vent). A 12h05 nous avons atteint la croix sommitale.

 

Sommet du Cambre d’Ase

SAM_0675.JPG

 

Le vent toujours aussi fort, nous oblige à écourter ces minutes au soleil, pour aller se mettre à l’abri dans la face Nord. Nous faisons demi tour, et cette fois, nous descendons, seul, la Grande Cheminée, bien gelée. Le départ demande beaucoup d’attention à cause de l’inclinaison de la pente. Il est raisonnable de descendre quelques pas en désescalade. Dés que la pente devient moins verticale, nous pouvons marcher de face et la perte de dénivelé n’est que plus rapide, si bien qu’en quelques minutes, nous sommes déjà en bas.

Comme nous avons du temps devant nous, et qu’il est sur notre chemin sans perte de dénivelé, nous allons essayer de trouver l’entrée d’un autre couloir, celui du Bougnagas. Je sais qu’il est à droite du couloir de l’Eclair. Ce dernier semble être emprunté par une cordée qui a fait des traces dans tous les sens, mais pour le Bougnagas rien !

SAM_0676.JPG

 

Je sais également que la difficulté majeure se trouve sur le départ, dans un ressaut mixte de niveau III. Nous abordons cette partie sans autre matériel que nos piolets tractions. C’est plus difficile qu’il n’y paraît. Yannick passe devant mais chaque mètre gagné nous pousse un peu plus vers une impasse. L’équilibre est précaire. La neige manque et les piolets accrochent peu. Devant un verrou vertical je renonce à aller plus loin, car nous n’avons pas la certitude d’être dans le bon couloir, et rien n’indique qu’une fois cette barre rocheuse franchie, nous serons sortie d’affaire. Il s’agit de désescalader sans chuter. L’ambiance n’est pas à la rigolade. Avec prudence et une dose de stress, nous passons par une étroite vire et on retrouve la neige bien dure. Oufff !!! A défaut de vaincre l’obstacle, nous avons effectué un demi-tour raisonnable. Nous étions venus pour le Vermicelle, donc le Bougnagas attendra une prochaine visite.

 

Yannick tiré d’affaire

SAM_0677.JPG

 

Avec toutes ces manœuvres imprévues, l’heure a avancé et nous n’avons toujours pas mangé. Alors on plonge sur le chemin du retour. Pendant que l’on tergiversait dans le ressaut mixte, le vent s’est renforcé et cette fois il nous fouette de toute part. A 13h54, on se pose à l’abri, tout relatif, d’un massif de pins à crochets, pour prendre le repas. Il était temps de manger, car cela fait 4h17 que l’on s’active dans cette glacière qui n’a pas pris le moindre degré positif depuis ce matin (toujours -5,5°C).

Le vent lève de la neige gelée et nous la recevons en plein visage. Il semble tourbillonner et s’abriter devient alors impossible. Cela va nous contraindre à écourter le repas, car les assauts répétés du vent sont insupportables. Nous repartons en direction de la station à 14h15. C’est seulement avant de mettre les pieds sur les pistes de ski que l’on quitte les crampons pour les raquettes. Nous refaisons à l’envers le chemin parcouru le matin et nous nous retrouvons au point de départ à 15h30.

 

Derniers regards sur le cirque avec du ciel bleu

SAM_0678.JPG

 

Les conditions étaient parfaites pour gravir le Vermicelle, couloir toujours aussi spectaculaire au loin, et toujours aussi plaisant dedans. A refaire sans modération quand les conditions météo et de nivologie le permettent.

 

Les chiffres de la journée:

Temps de marche total 5h19 pour 12 Km à 3,3km/h

Temps pour faire le couloir : 1h17

Dénivelé positif total : 1102 m – Autant en négatif

Point culminant : 2750m.



12/02/2014
11 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 117 autres membres