Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Etape 2 : Refugio de Respomuso – Refugio de Bachimaña

Lundi 17 Juillet 2023

Etape 2 : Refugio de Respomuso (2200m) – GR11 – Ibón de Llena Cantal – Pico de Llena Cantal (2941m) – Collado de Piedrafita ou de Pondiellos (2771m) – Pico de Pondiellos (2886m) – Collado de Pondiellos – Cuello del Infierno (2721m) – Garmo Blanco (2982m) – Picos del Infierno (3076m, 3081m, 3075m) aller/retour – Cuello del Infierno – GR11 – Refugio de Bachimaña (2200m)

 

Après une nuit plutôt de qualité malgré les ronfleurs présents dans notre dortoir, nous nous levons à 5 heures comme prévu. Mais ce qui n’était pas prévu, c’était l’absence des pique-niques en lieu et place des petits-déjeuners. Il faudra attendre que le responsable du refuge se lève à son tour, et après deux « ¡ Joder ! » d’agacement, nous serons servis. Départ à 6h20, retard limité et sans grandes conséquences, car toutes les hautes cimes environnantes sont masquées par une écharpe de nuages qui se déplace au gré du vent. Nous suivons au départ le sentier du GR11 pour le quitter très vite afin de partir plein sud dans le vallon de LLena Cantal. C’est d’ailleurs vers cette cime que nous allons nous diriger dans un premier temps. C’est une pyramide parfaite qui attire le regard lorsque l’on regarde vers le Sud/Est depuis la terrasse du refuge. Son côté escarpé avait attiré ma curiosité, et passant si proche, il eut été dommage de ne pas tenter l’ascension.

 

La direction où nous allons

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Respomuso au petit jour
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Cette première partie de journée est agréable malgré la présence du vent en altitude qui ne nous importune pas encore. Le sentier s’élève doucement dans les pelouses de gispet, qui font autant le bonheur des vaches que des isards. Il aura fallu quitter le PNP pour voir enfin des animaux sauvages, curieux non ! Les isards semblent même avoir pris pour villégiature l’ibón de Llena Cantal tant ils nous ignorent lorsque nous les approchons. Après l’étang, le sentier s’élève enfin fortement par une longue traversée sur la face nord décomposée du Pico de Tebarray. C’est l’itinéraire qui conduit au col éponyme. Il faut quitter cette trace afin d’aller au pied du Pic de Llena Cantal. Il fallait tourner au niveau d’une marmotte qui assure l’aiguillage, mais nous l’avons ignoré, ce qui nous vaudra une petite perte de dénivelé que l’on aurait pu facilement s’épargner. Il y a une sente parfaitement visible, et, à mon grand étonnement, un balisage de couleur rouge. Nous laissons les sacs à dos au niveau d’un étang de type cratère sans nom, encore partiellement glacé, et engageons l’ascension finale.

 

Toujours aux aguets !
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Ibón de Llena Cantal et Pico de Llena Cantal versant ouest
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La toilette c'est important aussi !
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Etang sans nom face au Collado de Piedrafita ou de Pondiellos
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Etang gelé au pied du pico de Llena Cantal
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Le vent est alors ultra violent, et glacial. Sans grosses difficultés, cette portion finale demande de franchir de nombreuses cheminées, et l’usage des mains est indispensable. C’est un bon exercice, mais il faut rester vigilant aux chutes de pierres. Pas de risque pour nous, puisque nous sommes les seuls à cet instant à tenter l’ascension. Nous voilà rendus au sommet à 9h25, après 3h05 depuis le refuge. Pour la vue ouverte sur le versant sud du Balaitous, il faudra patienter encore un peu, car le brouillard joue encore à nous voiler l’horizon. Pourtant, nous avons la chance d’être dans une sorte de bulle où toute dépression vient se briser, pour nous laisser ouvert un proche champ visuel.

 

Partie basse facile

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Partie haute plus complexe
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La cheminée terminale d'où l'on vientIMG_1371.JPG

 

Au sommet la température n'est pas bien haute
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Los ibones Altos de Campo Plano en versant nord

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Vue vers le Collado de Piedrafita ou de Pondiellos

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Un bout de l'embalse de Campo Plano
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Collado de Piedrafita ou de Pondiellos

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Prudente descente par le même sentier, et nous récupérons les sacs. Avant de reprendre la marche plus en avant, nous faisons le plein d’eau à l’étang glacé, et mettons le cap sur le col de Tebarray. Avec un peu d’attention, il est possible de se rendre directement à la base du col de Tebarray sans aller chercher le sentier initial. Sur ce versant, l’accès à ce col est en définitive un couloir de roche très vertical. Le terrain est excessivement raviné et la terre est à nu. Les 40 derniers mètres de dénivelé doivent se monter avec la plus grande attention. Il y a d’ailleurs un câble rive droite qui tient lieu de main courante. En cas de neige, piolet et crampons seraient indispensables. Nous arrivons au col à 11h15 en 4h10, et sans plus attendre, nous tournons sur la droite pour gravir le pic éponyme qui domine cet improbable passage. Seulement 110 mètres de dénivelé à ascensionner sur un terrain parfait.

 

L'étonnant étang gelé

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Massif du Balaitous et ibón de Llena Cantal d'où nous venons
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Pico de Llena Cantal versant sud
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Collado de Tebarray et pic éponyme
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La rude montée au collado de Tebarray
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Le pic de Tebarray est atteint à 11h30 en 4h25, une formalité ! Le vent est toujours aussi violent, mais il a enfin chassé la couche nuageuse pour laisser apparaitre un horizon immense. Nous allons manger sur place, dans un étonnant creux où pas un souffle d’air ne passe, face au spectaculaire versant sud du massif du Balaitous. Il est temps de savourer le pique nique chèrement acquis de bon matin : un sandwich unique au jambon et une pomme! Nous avons connu mieux. Une chose est certaine : on ne s’arrête pas à Respomuso pour la gastronomie.

 

Sentier vers le cuello del Infierno
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Vue vers le nord d'où nous venons
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Pico de Llena Cantal
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Picos del Infierno depuis la cime du Pico de Tebarray
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Au loin le Vignemale dresse ses cimesIMG_1396.JPG

 

Le massif du Balaitous se dégage enfin
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Le puissant massif Balaitous/Frondella
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Gros plan sur le Balaitous 3144m
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Sierra très au sud 
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Gros plan sur la Peña Colorada
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Dans le fond de vallée Sallent de Gállego
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Ibón de Tebarray et los picos del Infierno
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Nous repartons à 12h33. Yannick effectue la descente vers le col en un temps record de 7 minutes, mais pour ménager mes chevilles, je ne joue pas à suivre mon cabri de frère. Un très bon sentier transversal surplombe le bel ibón de Tebarray pour nous conduire au cuello del Infierno. A nouveau, cet étang a tout d’un cratère parfait, avec, selon d’où on l’observe, une couleur d’eau émeraude étincelante ou d’un bleu lagon profond. Cet étang est un pur bijou.

 

Ibón de Tebarray

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Vue vers l'est depuis le cuello del Infierno
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Pico de Tebarray et ibón de Tebarray
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A présent le gros morceau de la journée se dresse face à nous, comme un défi, l’ascension en aller-retour des picos del Infierno, tout un programme. Nous entrons dans un autre monde quand on se rapproche des Enfers. Depuis le cuello del Infierno, une bonne sente se dégage immédiatement, mais rapidement elle se divise en nombreuses branches. Chacun fera son choix selon ses goûts, direct dans la pente ou petits lacets. Nous posons une nouvelle fois les sacs à dos, inutiles pour l’ascension, et partons à la découverte de cette face nord totalement délitée. Ayant déjà commis une erreur dans ce massif sur un autre versant, nous choisissons de rester au plus simple, quitte à ce que cela nous éloigne sensiblement de l’itinéraire direct. Nous nous hissons tout d’abord sur la 3ième cime du jour, le pic de Garmo Blanco, un nouveau 2900 qui marque le début d’une longue arête. Nous suivons l’arête au mieux, mais les secousses du vent nous fouettant en rafale, nous contraignent de quitter la crête pour sécuriser la marche sur le sentier, 30 mètres plus bas. Il n’y a plus qu’à suivre un sentier unique, une courte cheminée, et enfin à 14h05, nous voilà rendus sur la première des trois cimes des pics de l’Enfer, le pic occidental après 5h45. Il n’y a pas un marcheur aujourd’hui qui va au-delà, et n’ose traverser l’arête battue par le vent de sud. La vue est déjà belle en ce point, mais après tant de chemin, nous ne pouvons pas en rester là. L’arête est impressionnante, très fine, mais finalement facile avec de très bons passages en versant nord. Certes, ce n’est pas plus large qu’un paillasson, mais c’est largement suffisant pour marcher en sécurité, tout en défiant du regard la dalle de marbre blanc qui plonge 300 mètres plus bas.

 

Pic de Garmo Blanco

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La dalle de marbre blanc plongeant 300 mètres vers le S/W
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A gauche pic occidental à droite le pic central

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Garmo Negro et ibones de Pondiellos
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Vue sur les 2 prochaines cimes

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Quelle belle arête ! Je me répète ce mantra tout le long de la traversée, d’une beauté éblouissante. Et la vue environnante ne demande qu’à aller de l’avant. Pic Central à 14h22, en 6 heures, c’est le point culminant de l’arête et de tout le massif avec 3081 mètres. Nous visualisons avec précision l’erreur commise en 2017, et réalisons combien nous avons eu de chance de ne pas chuter. Tout est clair à présent. Nous venons de solder avec ces sommets, un contentieux vieux de 6 ans. Il suffit à présent de profiter de tout ce qui nous entoure. Et pour être complet, nous poussons la marche jusqu’au pic oriental à 14h34 en 6h05. C’est le moment de s’offrir une pause contemplative sans retenue, malgré le vent toujours aussi pénible, plus adversaire que partenaire aujourd’hui. Mais cela offre une vue absolument fabuleuse sur le massif du Balaitous versant sud, ainsi que le massif du Vignemale et Cerbillona versant ouest.

 

Quelle vue vers le nord !

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Garmo Negro et ibones de Pondiellos
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Depuis l'Infierno Central vue vers l'est
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Depuis l'Infierno Central vue vers l'ouest
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Gros plan sur le pic du Midi d'Ossau à l'ouest
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Gros plan sur le pic de Marboré et El Monte Perdido à l'est
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Nouveau point de vue sur le pic de Garmo Blanco
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Depuis le pic oriental, l'infierno central et occidental
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Vue vers le nord sur le massif du Balaitous
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Gros plan sur le massif Vignemale/Cerbillona
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L'ensemble des étangs vers Bachimaña
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Sur la cime du pic oriental
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Retour par le même itinéraire sur cette belle arête de marbre. Quel luxe ici, on ne se refuse rien pour impressionner le touriste ! Nous évitons le pic de Garmo Blanco en suivant intégralement le sentier, et malgré les trop nombreux cairns, il est facile de faire son propre itinéraire. Nous récupérons les sacs, et l’on se raccorde au GR11 au niveau du cuello del Infierno. Il est 16 heures, et déjà 7h15 que l’on arpente ces sommets. Descente directe à présent en direction du refuge. Dans le creux du vallon nous sommes à l’abri du vent, et le soleil est brulant, suffocant même. L’eau coule de toute part, aucun risque de déshydratation. Le sentier est de qualité et la marche en est facilitée. Pourtant, il ne faut pas sous estimer le contournement du barrage de Bachimaña Alto, car le refuge ne se dévoile qu’au dernier moment, après une succession de courtes montagnes russes à casser les pattes. La distance est relativement courte depuis le col, mais nous aurons mis 1h45 quasiment d’une traite. Il est 17h45 lorsque nous terminons cette belle journée de 9 heures de marche. Le temps de marche est identique à celui de la veille, mais avec un profil bien différent, et des conditions météorologiques sensiblement identiques. Voilà 6 nouveaux sommets découverts dans cette itinérance ; une belle moisson.

 

Sur la crête menant au pic occidental

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Face nord des picos del Infierno
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Source du barranco de Piedrafita depuis les restes du glacier del Infierno
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Vue en arrière depuis l'ibón Azul Superior

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Ibón Azul Inferior
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Ibón Azul Inferior et Picos del Infierno
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Orchis tacheté sur le sentier de Bachimaña
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Nous sommes attendus par Marc et son camarade Jean-Michel qui font un séjour dans cette région, et nous font la joie de passer une soirée ensemble. Après le plaisir des retrouvailles, nous prenons place dans un grand dortoir aux lits individualisés, un grand luxe. Par contre la douche sera froide, très froide même, mais totalement indispensable. Repas bruyant à 19h30, où, contrairement à la veille, nous retrouvons « una cena » de qualité mais avec l’absence de féculent. Nous ne le savons pas encore, mais ce carburant pour les muscles va nous manquer cruellement dans quelques heures. Coucher à 21h30. La prochaine journée sera moins technique, toujours sur sentier, donc, sur les conseils de Marc, nous nous autorisons une heure de sommeil supplémentaire, avec un réveil prévu à 6 heures. Nous venons de passer une journée au paradis en ayant marché en Enfer.

 

Trace du jour :

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Les chiffres de la journée :

Temps de marche total 9h00 pour 18,1 km à 2 km/h

Dénivelé positif total : 1740 m – Dénivelé négatif total : 1745 m

Altitude maxi : 3081 m - Altitude mini : 2154 m

 

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04/08/2023
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