Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Le Taillon par le col de Tentes

26/05/2012 : Plateau de Saint André - Port de Boucharo - Refuge des Sarradets

 

Nous avons rendez-vous en ce week-end de pentecôte avec le prestigieux cirque de Gavarnie et l’un de ses sommets emblématique : le Taillon. Même s’il est considéré comme le 3000 le plus facile du cirque, la mauvaise météo annoncée va nous montrer que la haute montagne reste implacable.

La petite équipe composée d’Olivier le guide du jour, Michel son oncle, de l’infatigable Christelle et moi-même laissons la voiture sous le col de Tentes. Nous nous mettons en marche à 13h55. Pour le moment la météo semble être clémente. Les premières vues sur l’objectif à atteindre sont de toute beauté.

 

Le Taillon

 

 

L’itinéraire consiste à suivre l’ancienne route qui se termine au port de Boucharo ; mais de nos jours tous les véhicules doivent s’arrêter au col de Tentes. C’est un superbe belvédère sur une partie du cirque seulement, ainsi que sur la vallée des Pouey Aspé.

 

Véhicules au col de Tentes, en face Le Marboré et légèrement à sa gauche les 2 Astazous

 

Le Taillon au centre, le sentier se devine dans la neige, à l'extrême gauche le col des sarradets

 

D’ailleurs la route que nous suivons surplombe cette vallée des Pouey Aspé de type glaciaire, étroite et très encaissée.

 

Le col de Tentes dominé par le pic de Tentes (2322m)

 

A partir du port, il faut changer de cap, direction Est-Sud/Est et prendre à gauche le sentier. C’est ici que nous allons trouver la neige. Même si cette dernière est de mauvaise qualité, due à la saison, elle nous porte suffisamment bien pour ne pas ralentir notre marche. La voie est bien tracée par le va et vient des marcheurs qui parcourent ce site. La voie chemine pendant un long moment presque de niveau et la prise de dénivelé se fait sans effort

 

Tout à gauche notre objectif, le col des Sarradets (2589m)

 

La traversée du glacier du Taillon s’effectue sans difficulté en cette saison puisque le cour d’eau est encore sous une importante couche de neige. En été il en est autrement. C’est sous le col, ultime ressaut avant le refuge, que la pente se dresse brutalement.

 

Michel dans le "dur"

 

 

La pente avoisine les 40% mais heureusement se passe en deux temps avec au passage un peu de plat sur la partie basse du glacier.

 

Le "rocher" se nomme le Doigt - passage du glacier du Taillon

 

 

Au niveau du col nous en avons fini avec la montée, et le refuge de la brèche et à deux pas.

 

Col des Sarradets

 

 

La brèche de Roland vue depuis la terrasse du refuge. Ne vous y trompez pas, il faut encore 45 minutes pour atteindre la brèche.

 

Roland ouvrant la brèche - Sculpture en bois dans le refuge

 

Bien que le refuge fait en ce jour l’ouverture de la saison, il est quasiment complet (57 places maxi).

Avec le coucher du soleil, les nuages se dissipent et nous laissent profiter du décor exceptionnel de cette partie centrale des Pyrénées.

 

Le Marboré, La Tour, Le Casque, La Brèche

 

Nous partons nous coucher avec la promesse d’un ciel bleu pour le lendemain.

 

Les chiffres du jour :

Temps de marche total 2h44 pour 5,8 Km

Dénivelé positif total : 517m – 35m en négatif

Point culminant 2589m.

 

27/05/2012 : Refuge des Sarradets - Brèche de Roland - Pic Taillon - retour voiture

Debout à 5h30, nous faisons parti des premiers à nous lever. A 6h50 nous partons à l’assaut du Taillon. La météo n’est pas favorable ; des nuages sombres venant d’Espagne s’engouffrent dans la brèche et un plafond permanent à 2900m ne se dissipe pas.

 

 

La direction à prendre est simple : droit devant vers la brèche, et c’est plein Sud. Bien que la température soit de 10°C, la neige est gelée et c’est plus facile pour progresser en crampons. La pente est raide mais ça monte bien. La première partie est avalée en 15min, on récupère un peu sur une courte descente dans une cuvette, pour repartir sur la seconde rampe que j’efface en 10min. Mes camarades ne tardent pas à arriver également. Le vent est plus présent et plus froid, nous sentons bien qu’une barrière vient d’être franchie. Dans ce dense brouillard il faut suivre la paroi en tournant à droite et cap à l’Est.

 

 

Nous évoluons dans du mixte, tantôt de la pierraille, tantôt de la neige, mais la marche ne s’en trouve pas ralentie pour autant. Le court passage du Doigt, au niveau de la fausse brèche va nous gêner un peu plus. Nous choisissons le passage versant Espagnol car sans neige (versant Sud) mais la pierre est friable et les crampons ne sont pas un atout sur ce terrain. Michel va s’encorder pour passer avec plus de sécurité.

 

Le Doigt

 

Une fois cet obstacle franchi, le « chemin » qui conduit au sommet serpente dans le névé, mais nous ne voyons toujours pas notre objectif. Nous croisons un premier groupe qui descend, puis un second. Le but est proche, mais où ? Olivier et Michel vont aller chercher en contrebas un accès au pic, alors que Christelle et moi allons suivre la crête en évitant d’aller braver les corniches. Avec surprise, nous arrivons tous les 4 ensembles au sommet par deux voies différentes mais selon Olivier, ils ont dû monter une courte rampe alors que nous non. Nous avons mis 2 heures exactement.

La vue est nulle, la visibilité ne dépasse pas 8m et la température est de 2°C. Qu’importe, personne ne boude son plaisir de se retrouver à 3144m.

 

Sommet du Taillon (3144m) - Il parait que la vue y est belle !!!

 

 

Le vent froid va nous inciter à quitter rapidement la cime. Avec un tel brouillard nous ne retrouvons pas immédiatement l’itinéraire emprunté pourtant quelques minutes plutôt, donc la prudence est de mise afin de ne pas partir trop bas vers l’Espagne. Nous trouvons un abri pour grignoter un morceau et l’on repart en direction du Doigt. Cette fois nous allons contourner l’obstacle par le versant Français. Bien que ce versant soit très enneigé, la trace est bonne, stable et permet de passer sans difficulté. A présent on retrouve la grande paroi rocheuse qu’il faut suivre comme un fil d’Ariane.

 

Toujours La Brèche par son versant Espagnol, à droite Le Casque

 

Les nuages se dissipent suffisamment pour avoir un peu plus de visibilité en direction du chemin, à droite, qui va vers le refuge du Mont-Perdu (Goritz).

 

A gauche un abri de pierres pour bivouac

 

Nous repassons une dernière fois la frontière pour plonger vers le refuge, et plonger est bien le terme. La neige est une vraie soupe, on brasse un maximum et nous sommes rendus au refuge en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. 

 

Refuge des Sarradets en descendant de La Brèche

 

12h20, 17°C face au soleil, nous allons prendre notre repas sur la terrasse. Quel contraste avec le temps qu'il fait au sommet !

Nous serions bien restés à lézarder quelques heures mais une légère pluie va nous faire fuir. Nous reprenons le même itinéraire que la veille, col des Sarradets, puis passage de la cascade, sentier longeant une vire : ça brasse, ça brasse de plus en plus. Michel va disparaître de moitié dans cette soupe de neige. A l’approche du port de Boucharo nous quittons définitivement les crampons.

 

Nous croiserons avec plaisir quelques marmottes peu farouches

 

On retrouve le bitume qui relie le col de Tentes et enfin le parking. Il est 16h10 quand s’achève cette sortie d’altitude où l’on aura échappé à la pluie et à la vue exceptionnelle qu’aurait dû offrir le sommet du Taillon. Un grand merci à mes 3 sympathiques compagnons.

Un sommet à refaire impérativement donc.

 

Tracé sur carte IGN

 

 

Les chiffres du jour :

Temps à la montée pause déduite 2h00 – 4h10 à la descente

Temps de marche total 6h10 pour 11,3 Km

Dénivelé positif total : 606m – Dénivelé négatif total : 1100m

Point culminant : 3144m



28/05/2012
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