Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Pic de Prats de Bassibès par le couloir Tarda de Solstici (AD sup)

13/04/2013 : Vallter 2000 – col du Géant – Mourens – vallon de Chauches – couloir Tarda de Solstici – Pic de Prats de Bassibès (2845m) – Pic du Géant (2881m) – col de la Marrana – Vallter 2000

 

Enfin un week-end complet de beau temps consacré à faire de l’alpinisme, sur un des massifs Catalans qui propose une grande diversité de couloirs, Vallter 2000. Avec Nicolas, nous allons commencer ce stage classé AD par un sommet qui demande un peu d’approche : le pic de Prats de Bassibès (2845m) situé totalement en France.

Nous quittons la station de ski de Vallter 2000 à 7h52 en direction du refuge. La neige est gelée, mais comme le chemin est tracé, nous n’avons pas encore besoin des crampons pour avancer.

 

Refuge d'Ull de Ter

 

Nous remontons les pistes de ski, partiellement fermées en ce dernier week-end de la saison, et quittons rapidement le GR11 qui se dirige vers le col de la Marrana, pour incliner notre marche sur la droite, vers le Nord.

 

Gra de Fajol et col de la Marrana

 

Face Est du Géant

 

Nous visons le col du Géant. A moitié pente, celle-ci fort prononcée demande à s’équiper des crampons ; courte pause et on avale la dernière rampe. Nous avons atteint le col du Géant à 9h12 en seulement 1h20. C’est de bons augures pour la suite car il ne faut pas que la neige se soit trop ramollie. On bascule en France dans le vallon de Mourens.

 

Coume de Bassibes avec au fond le massif du Madrès

 

On descend facilement dans cette vallée glacière pour aller chercher un autre vallon plus confidentiel, puisqu’il ne se trouve pas sur l’axe principal Nord/Sud. On contourne le pic de Prats de Bassibès pour aller l’attaquer par un couloir orienté Nord.

 

Dans notre dos la vallée dévoile quelques secrets

 

Faire attention de ne pas trop perdre de dénivelé inutilement. On entre alors dans le vallon de Chauches avec dans le dos le sommet Cap de Chauches.

 

On amorce l'entrée - au fond la Serre Gallinière

 

Heureusement que Nico connaissait le départ du couloir, car celui-ci n’est pas évident à voir. Nous sommes au pied de Tarda de Solstici à 10h05, et déjà 2h15 de marche depuis que nous sommes partis.

 

Entrée du couloir Tarda Solstici

 

On s’équipe au pied du cône de déjection, qui est particulièrement petit, et Nicolas attaque pour poser le premier relais.

 

Premier relais

 

 

La neige est en parfaite condition pour évoluer aisément. Premier relais et premier plaisir. On s’élève rapidement et le décor devient de plus en plus grandiose. Après cette première longueur, le couloir tourne sur la droite pour prendre des allures plus aériennes.

 

 

Pose du second relais. La pente avoine les 60%, les mollets chauffent, le souffle se fait plus court, mais ça monte vite et bien.

 

Tourner à droite et attention au dévers

 

Après ce passage des plus plaisants, nous arrivons sur une plate-forme pour faire une pause panoramique.

 

Le sommet de cap de Chauches dans notre dos

 

Le plus heureux des grimpeurs

 

 

La suite du couloir ne présentant pas de ressaut ; nous allons évoluer en corde tendue, puisque le terrain ne demande pas plus de technique que cela. On avance bien dans une ambiance de haute montagne, que l’on apprécie particulièrement. A12h05 nous en avons fini avec le couloir, déjà 3h30 de marche effective.

 

Avant de sortir du couloir

 

Nous ne sommes pas pour autant au sommet, il reste à gravir 200m de dénivelé.

 

Pour cette dernière partie, on quitte la corde pour évoluer librement. C’est le moment de la journée qui me sera le plus pénible. Un début d’hypoglycémie certainement et je me traine ; Nico en profite pour prendre de l’avance. A 12h52 nous voilà enfin sur le Pic de Prats de Bassibès (2845m). Il nous aura fallu 4h16

 

Sommet du Pic de Prats de Bassibès

 

Col Mitja, Pics Redoun et Gallinas, au loin le Roc Blanc, plus à droite les pics de Bentaillole et Ourtiset

 

Nous avions prévu de manger là mais le vent souffle plutôt fort. Alors que nous avions été les seuls marcheurs jusqu’à présent, les Espagnols font leur apparition, venant du sommet voisin, le Bastiments (pic du Géant pour les Français). C’est vers lui nous nous dirigeons alors.

 

Pic de Nou Founts en face

 

Pic de Freser à G et Pic de l’Enfer à D

 

Nous allons avancer pendant 20min sur cette crête descendante, afin de trouver un endroit pour manger à l’abri du vent et du froid. 13h10, au point le plus bas, nous tournons le dos au Pic de l’Enfer et naturellement nous prenons ce repas le regard en direction du Canigou.

 

Canigou par delà la Serre Gallinière

 

Pour moi, il était temps de reprendre des forces qui seront les bienvenues pour affronter la suite du parcours. Sous un ciel toujours aussi bleu, à 14h on se remet en marche pour la dernière ascension du jour. Seulement 110m à gravir, mais la mise en route est dure. Sans difficulté d’orientation on se laisse guider par la crête pour atteindre à 14h47 le 4ième plus haut sommet du département des PO : le Pic du Géant. (2881m). De par sa proximité avec la station de ski de Vallter 2000, ce dernier est fortement fréquenté par nos voisins Espagnols, et en ce samedi ils étaient, hélas pour le calme, trop nombreux.

 

Le Piolet du Géant, sommet Ouest

 

Croix du Géant, sommet Est - Pic de Prats de Bassibès tout proche

 

Pour la suite, en cette saison, c’est cap Sud/Est, droit vers le col de la Marrana. La neige étant bien ramollie, nous allons même croiser des randonneurs qui montent en raquettes.

 

Face à nous le Gra de Fajol dominant le col de la Marrana, passage du GR11

 

La descente est rapide et agréable. Pourtant à l’approche du col il faut être prudent car de grosses corniches se forment à cet endroit. Il est préférable d’aller chercher un peu plus loin le départ de la pente.

 

Corniches au col

 

La suite est une formalité, on suit les pistes de ski jusqu’à rejoindre l’itinéraire du matin, on passe au bord du refuge et on fini notre course jusqu’à la voiture. Il est 16h et il fait très chaud à plus de 2000m.

Nous allons, en voiture, descendre quelques kilomètres afin de planter la tente au bord du torrent Coma de l’Orri. La soirée se passe dans la bonne humeur avec le traditionnel camenbert à la braise.

 

Le ciel est rempli de mille étoiles et le regel nocturne nous promet un couloir pour le lendemain, dans des conditions exceptionnelles. La nuit sera courte, le réveil est prévu à 5h30.

C’est une journée magnifique qui se clôt sur un couloir des plus esthétiques qu’il soit. Une approche un peu longue mais qui rend cette course plus confidentielle et plus noble. Il pourrait être abordé par le refuge de la Carança en venant de France, mais cela impliquerai un retour trop long ou une troisième journée.

 

Tracé sur carte Espagnole

 

Les chiffres du jour :

Temps de marche total 6h19 pour 11 Km à 2,9 km/h

Dénivelé positif total : 1220m – autant en négatif

Point culminant : 2881m.



16/04/2013
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