Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Petit Péric par la goulotte Génépi (D inf)

11/03/2017 : station de Formiguères – Serra de Mauri (2428m) – Etangs des Camporells – goulotte génépi – Petit Péric (2690m) – retour par le couloir du Patou – refuge des Camporells – Serra de Mauri – station de Formiguères

 

D’aussi loin qu’on puisse les voir, les magnifiques pics Péric dans le Capcir sont immédiatement identifiables par leur forme caractéristique. Ils constituent à eux deux un ensemble intéressant pour l’alpinisme hivernal. Les couloirs les plus faciles se trouvent sur les versants Ouest et Nord du pic Péric. La face Nord/Est du Petit Péric offre quand à elle des goulottes de glace très prisées au printemps. La Génépi est le cas typique de ce phénomène de formation de glace durant le regel nocturne. Il y a également le couloir de la Poire d’un niveau inférieur qui permet de s’initier à l’alpinisme hivernal. Voilà deux destinations pour deux cordées. Yannick est bien sûr de la partie, Emma impatiente de gravir un nouveau couloir va remettre ça un mois après le Vermicelle, et Xavier le sympathique compère du CAF de Carcassonne complète l’équipe. Nous quittons la station de ski de Formiguères en raquettes à 7h52. Xavier sera sur les skis. Il manque encore un complice, mon premier de cordée. En effet, Nicolas en ski, partira plus tard pour profiter des remontées mécaniques, et doit nous retrouver au pied des voies.

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Nous ne suivons pas l’itinéraire d’été qui serpente entre les pistes de ski, mais nous montons directement sous le télésiège. Nous sommes en versant Est, le soleil inonde déjà la station de ses rayons ardents ; il ne tarde pas à faire très chaud, trop chaud.

 

Ça monte fort et il fait déjà très chaud

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Un mur court se dresse devant nous, puis on coupe une piste de ski et nous voilà en haut du premier télésiège. Il ne reste plus qu’à suivre au mieux le sentier d’été, à travers les pistes de ski et les pins à crochets. Cap à l’Ouest toute !

 

Jolie vue vers le massif du Carlit

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C'est du sérieux, une piste mauve pour raquettes (second degrés bien sur !)

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Après avoir quitté le domaine skiable, la végétation devient plus rare, plus rase ; la serra de Mauri est un mini désert d’altitude où rien n’arrête le vent les jours de tempête, si bien que l’enneigement n’est pas toujours continu. Par contre on se déplace rapidement en absence de tout obstacle. Le sommet de la Serra de Mauri est atteint après 1h53 de marche. La vue est splendide, les appareils photos crépitent.

 

La longue Serra de Mauri

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Conciliabule : mais quel est notre couloir ?

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C'est bien cette vue splendide qui s'offre à nous

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Gros plan sur la face Est du Petit Péric et Péric plus au fond

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Site des étangs des Camporells

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Gros plan sur notre droite  vers les sommets du Donezan

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Détail des couloirs à emprunter

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Plus à l'Ouest des Pérics

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L'étang des Camporells face au Petit Péric

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Il n’y a plus qu’à descendre à l’azimut au refuge des Camporells. C’est dans ces pentes coupées de bosquets que Xavier va nous faire une démonstration de ses talents de descendeur. Nous sommes admiratifs devant devant la qualité de ses virages en godille. En raquettes forcément on est moins élégants et moins efficaces. Nous arrivons au refuge à 10h15, pour 2h11 de marche et déjà 650 mètres de dénivelé positif dans les jambes. L’hypoglycémie est proche. Une restauration s’impose au bord de l’eau…gelée bien sûr ! Nicolas arrive dans la même minute, une synchronisation parfaite. Je retrouve donc mon premier de cordée et nous partons faire la trace jusqu’au cône pour le reste de l’équipe.

 

Détail des couloirs à gravir

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Il faut partir à nouveau à l’azimut en prenant soin de rester au plus haut sur les bords des moraines. Cela évite des pertes de dénivelé inutiles. Le cône de déjection est bordé d’une moraine avec une forte dépression. Là encore il faut pousser la marche sur la gauche, remonter la moraine et couper la pente du cône. Le dénivelé se gagne alors presque sans effort.

 

Le départ des couloirs, à gauche La Poire, au centre Félipo, à droite Génépi

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C’est ici que les deux cordées se séparent. Yannick Emma et Xavier partent à gauche dans le couloir de la Poire côté PD+, et je m’engage avec Nicolas dans la goulotte Génépi. Il s’engage le premier sur une excellente glace due à un très bon regel. Les conditions sont plus que parfaites. Le relais se trouve idéalement excentré de l’axe du couloir, sous un éperon rocheux. Cela évite sur l’assureur les chutes de pains de glace et quelques rochers.

Cette première longueur est bien relevée mais la glace est parfaite. Le travail des bras pour ancrer les piolets est essentiel. Les pieds travaillent sur les pointes avant, les mollets chauffent vite. L’exercice est physique.

 

Relais 0 départ de la voie

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Au relais

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Nicolas au départ de la première longueur

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Première longueur

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Inclinaison prononcée dans L1

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La seconde longueur présente les mêmes caractéristiques, mais elle est un peu plus longue avec un ressaut pratiquement vertical. Nicolas s’éclate, il est dans son élément. Puis arrive mon tour de jouer avec les glaçons. Ancrer solidement les piolets est une chose essentielle, mais les retirer de la glace en est une autre. Il faut aussi récupérer les broches à glace, les appuis totalement en tension sur les pointes avant. Cette fois les mollets ne chauffent pas, ils brulent. C’est terrible ! Cela me rappelle les montées à vélo en danseuse, mais là pas moyen de s’assoir sur la selle pour se soulager. L’exercice est épuisant ; on tétanise très vite. Heureusement qu’il n’y a que deux longueurs dans cette goulotte. Une fois au relais, on se libère pour monter en libre.

 

Seconde longueur

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Nico  dans L2

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Ressaut à 70°

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Sortie du ressaut dans L2

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Cette goulotte est finalement courte. Elle débouche sur la goulotte Félipo dans sa partie la plus large, qu’il suffit de remonter. Point de difficulté technique, juste de la pente et plus d’essence dans le moteur. Le calvaire commence. Cette partie est tracée, c’est une aide précieuse. Etrangement, plus on prend de la hauteur et moins il y a de neige. C’est vraiment très long, d’autant que la cime n’apparait qu’au dernier moment. Il est temps d’arriver au sommet, la faim se fait de plus en plus pesante. Enfin j’aperçois nos trois vaillants(e) camarades qui prennent un bain de soleil. Fin de l’ascension à 13h14 après 4h52 de purs efforts.

 

Pendant ce temps dans la Poire

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On récupère la goulotte Félipo par une brève traversée à gauche

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Droit devant à présent

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Les deux goulottes se rejoignent dans mon dos

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Peu de neige dans la partie haute

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Faux sommet, il y a encore une autre bosse à passer

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Il ne reste plus qu’à reprendre des forces et profiter sans retenue de ce paysage blanc. Il y a du monde aujourd’hui au Petit Péric. Pourtant nous avons été les seuls à parvenir sur ce sommet par des couloirs. Je suis fier de cette équipe. Et bravo à Emma notre cadette pour ce second exercice auquel elle semble y prendre goût. Tour d’horizon habituel pour contempler des paysages que l’on connait plus traditionnellement sans neige. Le paysage est hivernal mais la météo est estivale. Une pure journée de plaisir.

 

Pic Péric et pic de la Grande Porteille depuis le Petit Péric

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Vue vers le Sud secteur Bouillouses

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Vue vers le Nord et les sommets du Donezan

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La belle équipe au sommet

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Vers l'Est le versant Ouest du Madres

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Vers l'Est le Massif du Canigou

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Après plus d’une heure à lézarder, on se décide à prendre congé de notre belvédère à 14h24. Nicolas repart en ski de son côté cap au Sud pour effectuer le maximum de glisse, et le club des raquettes ainsi que Xavier, prenons la direction du couloir du Patou. Bien que la pente soit prononcée, ce couloir est bien large et ne présente pas de piège. La neige est presque gelée, conditions idéales pour une descente rapide et en sécurité.

 

Large couloir du Patou

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Emma dans le Patou IMG_0594.jpg

 

Dernier regard dans notre dos

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L'étang Sec en version hivernal

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Une fois au pied du couloir, on met le cap sur le refuge, mais il reste une ultime côte. La remontée sur la Serra de Mauri est franchie sans trop d’efforts. Néanmoins il est 16h00 quand nous y parvenons, et cela fait 6h06 que les muscles travaillent. Sournoisement, la fatigue s’insinue dans nos organismes et le retour parait bien long. La station se vide de ses skieurs, nous sommes seuls sur une neige qui ne porte plus. Lorsque nous terminons cette journée à 17h36, cela conclut une belle journée de 7h28 de marche. Un seul désir à présent : une bière fraiche.

 

Retour sur la Serra de Mauri

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Interminable retour par la station

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La goulotte Génépi est un très bel exercice pour débuter dans du D, à la condition que la glace soit parfaite. Quand au couloir de la Poire, selon mes partenaires, la difficulté ne dépasse jamais le PD+. Il reste la distance qui peut rester un frein à la découverte de ces couloirs typiques catalans.

 

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Tracé du jour sur carte IGN 1/25000

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Les chiffres de la journée:
Temps de marche total 7h28 pour 16,5 Km à 3km/h
Dénivelé positif total : 1300m - Autant en négatif
Point culminant : 2690m



13/03/2017
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