Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Pic Carlit, face Est goulotte centrale PD+

27/12/2015 : Plat des Aveillans – GR10 - Les Bouillouses – étang gelé – goulotte centrale – pic du Carlit (2921m) – couloir central – étang gelé – Les Bouillouses – route – Plat des Aveillans

 

Pour finir l’année civile en montagne, nous avons choisi avec Nicolas de s’offrir le toit des Pyrénées-Orientales. Loin d’être le plus technique, il est l’un des plus difficiles d’accès en condition hivernale. Son approche est très longue d’où que l’on vienne. J’avais promis à Quentin en septembre que j’y remonterai prochainement pour le venger, et ce sera fait de bien belle manière.

La route menant au site des Bouillouses étant fermée au niveau du plat des Aveillans, c’est donc là que s’effectuera notre départ. C’est à la lueur des frontales que nous nous mettons en marche à 7h10. Nous prenons la direction du GR10 qui passe tout proche de la station de ski du secteur Roc de la Calme. Avec l’obscurité et les nombreuses traces dans la neige, trouver le sentier est un premier défi. Nous balbutions un peu notre itinéraire en forêt, mais une fois le chemin trouvé, c’est sans difficulté que l’on parvient au bord de l’étang de la Pradella. Il faut préciser qu’il y a beaucoup de glace sur le GR10, mais nous sommes passés sans raquettes ni crampons.

 

Le pic Péric face à nous au lever du jour

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A présent il n’y a plus qu’à suivre l’itinéraire estival du tour des lacs. La présence de neige est très variable en ce jour, tantôt nous marchons sur de la pelouse, tantôt sur de la neige gelée. Il est 8h35 quand nous dépassons l’hôtel des Bones Hores.

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Suivre le sentier ne pose pas de problème particulier, si ce n’est la présence de neige glacée. La météo est parfaite ce matin, pas de vent et déjà le soleil pour nous réchauffer. Pourtant cela ne fait pas fondre pour autant la neige, ce qui augure une belle montée.

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Gros plan sur le couloir

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Nous faisons la première pause du jour au niveau du dernier étang, le Sobirans ; il est 10 heures et déjà 2h44 d’approche. Nous aurions aimé prendre tout notre temps, bien réchauffés par un soleil ardent, mais le Carlit nous toise de plus de 500 mètres. Seulement 10 minutes et on se remet en marche. Ici, nous ne suivons plus le sentier estival qui prend de la hauteur sur la gauche, mais allons droit dans le vallon. A 10h32, on chausse les crampons et l’on attaque la première pente raide du jour.

 

On se rapproche

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Un peu de glace pour réviser ses ancrages

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Cette première rampe est vraiment relevée mais suffisamment courte pour ne pas nous fatiguer. On sort directement au niveau de l’étang gelé. On peut déjà constater que le regel nocturne a été parfait, la neige est béton. Nous contournons l’étang, par sa rive gauche orographique, tout de niveau et nous voilà au pied de la goulotte. Celle-ci se trouve à droite du grand couloir central.

 

Le couloir vu depuis l'étang gelé

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Le cône de déjection est court et on entre rapidement dans le vif du sujet, et le sujet a du caractère. Avec l’enneigement actuel et la qualité parfaite de la neige, il n’y a pas de difficulté technique, mais l’inclinaison est là. C’est vraiment raide. Ce n’est pas un couloir au rabais. Nico est déchainé, je le laisse donc faire la trace si on peut dire. On travaille sur les pointes avant. En ce début de saison les mollets brulent vite. Au milieu du couloir, la pente se redresse encore, cette fois on frôle la verticalité. Le mur est court mais il relève bien la difficulté de ce couloir.

 

A la base du cône de déjection

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Dans le cône de déjection

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A mi-couloir, on peut faire une halte en se sécurisant sur les arêtes de schiste qui bordent le goulet, et c’est appréciable. Puis nous nous remettons en action avec le même entrain. Un vrai plaisir que de grimper dans de pareilles conditions. La goulotte se termine avant de sortir en crête, sur la vire qui mène au Carlit de Baix. Sur la partie sommitale, tout est sec, nous devons alors quitter les crampons.

 

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Le même mur vu vers le bas

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Le sommet au fond

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Il reste un peu plus de 50 mètres de dénivelé encore à prendre, mais en l’absence de neige il n’y a rien qui entrave cette fin d’ascension. A 12h23, je foule pour la quatrième fois seulement, la cime du plus haut sommet de l’Est des Pyrénées. Je viens de gravir en condition hivernale les 2921 mètres du Pic Carlit. Waouh ! Le plaisir est d’autant plus grand que nous sommes les seuls et qu’il fait toujours aussi beau. Le repas sera logiquement pris sur place. Nous avons mis 4h30 de marche depuis la voiture pour atteindre le point culminant du jour. A présent on savoure !

 

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La vue est toujours aussi immense. Tous les hauts sommets du département sont visibles, même le Pech de Bugarach dans l’Aude émerge des nuages. Vers l’Ouest, le regard s’étend jusqu’à la Pique d’Estats, le massif de Bassies, le massif des Trois Seigneurs et le massif de Tabe. Je ne me lasse pas d’observer cette étendue de bosses et de pics.

 

Le secteur des Bouillouses

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13h22, il est temps de prendre le chemin du retour. Nous engageons la descente par le grand couloir central tout en neige dure.

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A notre grand étonnement, il y a du monde qui grimpe vers le sommet. Il est tard mais ce sont des skieurs, donc leur retour sera plus rapide que le notre. Le bas du couloir est vite atteint, ainsi que le lac glacé et le pied du sommet où nous avions laissé nos bâtons. Le plus long commence à présent. Nous quittons les crampons au dessus de l’étang de Sobirans. 10 km nous attendent encore.

 

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Malgré la présence permanente du soleil, la neige n’a pas dégelé de la journée jusqu’à 2000 mètres. Au niveau du barrage des Bouillouses, nous prenons l’itinéraire routier, pour éviter la glace du GR10. Mais à notre surprise, la route est autant gelée et glissante. On va croiser un cortège d’innombrables touristes mal chaussés qui montent à une heure avancée vers le refuge CAF. A16h52 pour bouclons une journée de 7h33 de marche hivernale. Le retour parait bien long, à moins que ce ne soit le contraste avec la solitude des cimes qui accentue cette longueur. Avec des conditions de neige plus abondante, l’approche aurait été plus longue et il devient alors difficile de faire l’aller retour dans la journée. Un bivouac glacial s’imposerait  donc. Nous avons eu la chance de profiter de conditions favorables pour réussir cette belle journée d’alpinisme.

 

Les chiffres de la journée :

Temps de marche total 7h33 pour 25 km à 3,1 km/h

Dénivelé positif total : 1250m – Autant en négatif

Point culminant : 2921m

 

Tracé du jour

http://www.openrunner.com/index.php?id=5569515

 

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29/12/2015
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