Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

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Pic de Mortiers en conditions printanières

26/04/2015 : Vallée du Galbe – vallée des pierres écrites - pic de Mortiers (2605m) - aller/retour

 

Préambule à cette course : encore un week-end où la météo annoncée tourne aux orages après une semaine estivale qui a vu des températures complètement folles. Une toute petite fenêtre est malgré tout envisageable dimanche matin. Lorsque Nicolas me propose de gravir le pic de Mortiers par la vallée du Galbe, je dis oui immédiatement. Mais pour réussir notre pari sur la pluie il va falloir partir tôt. Nous choisissons d’aller passer la nuit sur notre lieu de départ, à la baraque de la Jaceta. On emprunte la très bonne piste que l’on prend dans le village d’Espousouille, en tournant à gauche. Cette piste était encore par endroit encombrée de neige et devant une plaque plus importante que les autres, nous sommes contraints de quitter le véhicule et de finir à pied. Nous verrons de nombreux chevreuils sur cette piste. Nous arrivons dans notre hôtel pour un soir, un superbe refuge comprenant 18 couchages, un poêle, deux tables, du bois, le torrent du Galbe tout proche pour l’eau et la tranquillité du voisinage. Nous sommes les seuls, alors nous prenons nos aises. Après une soirée de franches rigolades, nous trouvons le sommeil sans difficulté, mais durant la nuit nous allons avoir de la visite. Ça grignote dans un coin de la pièce. Une souris est en train de faire un festin de mes biscuits, que j’avais laissé négligemment sur la table. Je lui en offre un pour avoir la paix et nous retournons nous coucher, non sans avoir pris connaissance du ciel. Il est étoilé, c’est de bons augures.

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Lever à 6h, nous rassemblons nos affaires, nous ne prenons que le nécessaire pour la journée et à 7h15 nous quittons le refuge. La météo est magnifique, le ciel est bleu et il y a même eu un regel nocturne inattendu. Nous suivons le sentier du GR Tour du Capcir balisé en jaune et rouge, en remontant le cours d’eau.

 

Droit devant le pic de Terrers

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Nous laissons la cabane de berger de la jassa de la Llosa et l’on arrive à 7h52 sur une passerelle qui enjambe le torrent du Galbe. La neige commence de façon continue ici.

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Nous poursuivons sans équipement. Le sentier s’élève vraiment jusqu’à la stèle commémorative de la disparition d’un gendarme dans ce secteur. C’est ici que nous allons nous équiper.

 

Stèle à la mémoire du gendarme Matutano

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Sur notre droite le pic de Baxouillade, porteille d'Orlu à gauche

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Nico en ski, moi en raquettes, nous allons prendre du dénivelé en nous éloignant de la première gorge sur notre gauche. Il faut suivre au mieux l’itinéraire estival que l’on voit apparaitre de temps à autre par la présence du balisage. Puis l’on s’engage vers le vallon des pierres écrites. Un ressaut plus raide demande plus d’énergie mais la neige porte parfaitement bien. Au lieu dit des pierres écrites nous n’en verrons aucune car elles se trouvent encore ensevelies sous la neige. Nous effectuons notre première pause de la matinée à 9h29. Cela fait 2h que nous avons quitté le refuge. Le temps est toujours aussi beau, par moment il fait même trop chaud ; nous nous trouvons sous la face Est du pic de Mortiers.

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Les piliers du Ras de la Sal, le pic de Mortiers au fond à droite

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Les conditions sont parfaites et même si des gros nuages tournent sur le massif du Canigou au loin, rien n’annonce des pluies imminentes. 15 minutes plus tard, on se lance dans la dernière partie de l’ascension. Sans être extrêmement forte, la pente est pourtant soutenue. Vers 2350 mètres, le vent souffle de façon constante avec vigueur. Cette fois il va falloir s’employer pour gravir cette cime. Droit devant un col qui paraît être celui qui conduit au sommet, mais en fait il cache la suite de l’itinéraire.

 

Le faux col et le pic de Mortiers

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La même chose dans le sens de la descente

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Le vent est de plus en plus fort et froid, la cagoule est de mise. Une fois arrivé à ce faux col, la vue s’ouvre vers l’Ouest et c’est vraiment spectaculaire. Quelques sommets de plus de 2700 mètres pointent leurs cimes. Mais il nous reste encore une centaine de mètres de dénivelé à gravir pour atteindre notre belvédère. La pente est plus douce, et malgré la force du vent rien n’entrave notre marche. A 10h27 j’ai le plaisir de mettre sous mes pieds, pour la première fois, les 2605 mètres du pic de Mortiers. Joie partagé avec mon guide du jour qui songe déjà à la descente en ski qui l’attend. Le sommet est gravi en 2h42.

 

Arrivée au sommet

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Sommet du pic de Mortiers

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Les sommets qui sautent immédiatement aux yeux sont les 2 Pérics et le pic de la Portella Gran, quelle prestance ! Mais le panorama ne s’arrête pas là. Vers l’Ouest la multitude des sommets de la Haute-Ariège sont innombrables. On reconnaît parfaitement le massif des Trois Seigneurs, la montagne de la Frau, le massif de Tabe, mais également le massif de Bassies et face à lui la prestigieuse Pique d’Estats. Vers l’Est, la chaine s’étire du massif du Canigou au pic du Cambre d’Aze, et toutes les vallées perpendiculaires à la Têt sont parfaitement identifiables. Et enfin, tout proche, les sommets du Donezan paraissent à porté de raquettes, le plus immédiat étant le pic de Baxouillade. Depuis la crête, la vue plonge vers la profonde vallée de la réserve d’Orlu ; l’abime est vertigineux.

 

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Du haut de ce belvédère, nous observons le système dépressionnaire se mettre en place. Pas de pluie pour les deux prochaines heures encore mais il ne faudra pas jouer longtemps avec la météo. De plus le vent nous secoue avec vigueur ; pour une longue pause sur ce sommet, il faudra revenir une fois prochaine. A 10h42 on engage la descente par le même itinéraire.

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La perte de dénivelé est rapide et la marche en raquettes ne me pénalise pas trop face aux skis de Nico, si bien qu’à 11h11 nous avons déjà perdu pratiquement 500 mètres. Alors nous nous abritons du vent et nous prenons notre repas ici même après 3h11. Hormis le vent parfois brutal, les conditions météo sont parfaites. Nous restons malgré tout vigilant à ne pas trainer inutilement car l’horizon sur le massif du Madrès s’assombrit.Dès 12h02 nous nous remettons en marche en suivant les traces du matin. Celles-ci ont pratiquement disparu tant la neige se ramollit.

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A 12h29 nous avons rejoint la passerelle ; s’en est fini des glissades sur la neige, nous retrouvons le sentier. Nous arrivons au refuge à 13h10. Le temps de récupérer les affaires de la nuit, et nous repartons vers la voiture. Le retour sur la piste ne prendra que 30 minutes et nous terminons cette magnifique sortie à 13h50. A présent la pluie peut tomber. Nous venons de gagner notre pari sur la pluie sans jamais courir. A 14h05 le ciel se déchire et déverse des trombes d’eau sur le Capcir, mais qu’importe pour nous, puisque nous sommes déjà à l’abri.

Cette vallée du Galbe m’a enchanté et c’est avec plaisir que je la parcourrai à nouveau en été lorsque les rhododendrons seront en fleurs. Il a y de belles boucles à faire en incluant le pic de Terres, ou en allant s’aventurer sur la cime du pic de Baxouillade.

 

Tracé du jour sur carte IGN 1/25000ième

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Les chiffres de la journée :

Temps de marche total 4h33 pour 15,4 km à 3,7 km/h

Dénivelé positif total : 1000 m – Dénivelé négatif total : 1050 m

Point culminant : 2605m.



28/04/2015
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