Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Pic du Géant en hivernale

28/04/2012 – Jour 1 : Mantet – Col del Pal (2294m) – Refuge du Ras de la Carança

 

Le départ du jour se fera depuis le village du bout du monde : Mantet. Comme le mauvais temps est annoncé, nous allons Yannick et moi faire un aller direct par le GR10 au refuge du Ras de la Carança.

 

La vallée qu'il nous faut remonter

 

Depuis le parking en haut du village, il faut descendre jusqu’au torrent du Mantet tout en bas. Et oui, c’est assez rare pour être remarqué, la randonnée démarre par une descente. Comme ce dernier était en crue, il faut aller chercher une passerelle un peu plus bas sur la droite pour le franchir. Une fois sur l’autre rive, on s’engage sur le célèbre GR10 (marque blanche et rouge) qui remonte la vallée de l’Alemany. Le long des murettes de la Serre de Caret le chemin monte progressivement. Les animaux sont déjà en estives, ce qui contraste avec le climat hivernal qui sévit encore sur les sommets.

 

Yannick et les chevaux

 

Le sentier finit par sortir sur une sorte de faux plat à la côte 1893m où l’on trouve un orry sur la droite. Après 1h15 depuis notre départ, nous atteignons le croisement qui va nous conduire au col del Pal.

 

Ici il faut prendre à droite en suivant la flèche

 

On quitte la vallée pour s’élever, et ce n’est pas un vain mot, sur la serre de Caret. La pente est forte, et le sentier accidenté, mais il est plutôt bien balisé.

 

 

On finit par atteindre le haut de la Serre qui laisse croire que nous sommes au col del Pal mais il n’en est rien.

 

Le vent qui n'annonce rien de bon n'altére pas notre moral

 

De là il faut partir en face, presque de niveau. A cette altitude la neige a fait son apparition sur le sol, et en grande quantité. Avec le redoux des jours derniers cette neige ne nous porte pas. C’est l’heure de chausser les raquettes pour poursuivre sereinement. Nous aurons à cet instant le privilège de voir un lagopède (perdrix des neiges) encore tout de blanc vêtu. Le chemin ondule au milieu de quelques pins et malgré l’absence de marquage caché sous la neige, on finit par rejoindre le point culminant du jour.

 

Col del Pal - dans mon dos le très esthétique col Mitja encadré des pics Redoun à gauche et Gallinas à droite

 

Le sentier part ensuite franchement sur la gauche dans la forêt.

 

On distingue le toit du refuge sous le Pic Redoun

 

La neige en sous-bois se fait vite rare, nous obligeant à recharger les raquettes sur les sacs. C’est à ce moment que la pluie tant annoncée finit par se joindre à nous. Qu’importe, c’était prévu, nous allons y faire face. Nous suivons toujours le GR10 et pourtant les traces de balisage sont rares et le sentier semble effacé au sol. La forêt est très abîmée, soit par quelques tempêtes, soit par manque d’entretien. Il devient de plus en plus difficile de trouver notre itinéraire au milieu de cet enchevêtrement de souches, et le peu de neige présente suffit à masquer les trop rares marques de balisage. Donc prudence et attention sont demandées pour rester sur l’itinéraire. Après un égarement, on finit par déboucher sur une clairière avec une cabane détruite par le feu. Le sentier n’en est pas plus évident, car trop de sentes au sol trouble le bon tracé. Le manque de visibilité induit par la pluie a dû aussi participer à nous désorienter. Encore une fois le GPS va faire des merveilles pour nous remettre sur le bon axe.

 

La suite de chemin, c'est en face !!!!

 

Nous finissons par trouver un large sentier bien enneigé qui descend franchement. Après la traversée d’une passerelle qui coupe le torrent de la Carança, le refuge est le bienvenu pour nous abriter. Il est déjà 20h.

 

Enfin le refuge

 

Le refuge est occupé par deux petits groupes de randonneurs qui ont allumé un feu bien utile vu notre état d’humidité. Le refuge se compose d’une petite salle à manger avec une cheminée dans un angle de la pièce, et à l’étage un très grand dortoir, le tout dans un état de propreté impeccable.

 

La salle commune

 

Il n’y a pas assez de matelas si le dortoir est plein, mais en ce week-end hivernal tous les randonneurs en ont eu un. Après le repas vite pris, nous sommes partis nous blottir dans nos duvets en espérant que la pluie cesse durant la nuit. Il faisait même chaud. J’ai très peu dormi à cause du bouillonnement rageur du torrent tout proche, et peut-être aussi la crainte de ne pas pouvoir tenter un sommet le lendemain.

 

Les chiffres du jour :

Temps de marche total 4h35 pour 12,1 Km

Dénivelé positif total : 1004m – Dénivelé négatif total : 675m

Point culminant 2294m.

 

29/04/2012 – Jour 2 : Refuge du Ras de la Carança – Coume de Bassibès – Pic du Géant (2881m) – Serre Gallinière – Col del Pal - Mantet

 

Nos espoirs n’ont pas été vains puisque après une nuit de pluie, le beau temps s’est installé au lever du jour grâce à un vent fort venu d’Espagne.

 

Le temps de déjeuner puis rassembler nos affaires et l’on se met en route à 7h35.

 

Lever de soleil sur le Pic de Racò Petit

 

Nous traversons la passerelle qui enjambe la Carança et l’on repart sur nos pas pour quelques hectomètres sur le GR10. Mais dans l’enthousiasme du moment, on remonte le GR10 trop haut  on manque l'entrée dans la coume de Bassibés. Nous allons, sur cette erreur d’inattention, perdre une heure de marche. Nous faisons demi-tour et partons cette fois vers la fameuse coume. On entre dans celle ci en traversant un torrent si l’on descend du col del Pal (notre cas du jour à cause de l’étourderie), ou en longeant ce torrent si l’on vient du refuge du ras de la Carança. Il faut dire que nous allons évoluer hors sentier, donc sans panneau, d’où l’intérêt aussi de cette course. Bien qu’hors sentier, il y a bien une sente et des cairns pour nous guider et je dirai même que le tracé est plus clair que celui qui descend du col del Pal. Le sentier passe par une cabane, certainement de berger, ouverte aux randonneurs. On remonte le torrent tantôt rive gauche, tantôt rive droite.

 

C'est par ici le chemin

 

 

Aux alentours de la côté 2170m nous devons chausser les crampons ; il est déjà 10h. Le torrent disparaît de façon définitive sous la neige, ce qui nous permet de choisir notre itinéraire. Ici la navigation est facile par temps clair, on marche droit devant, en évitant les couloirs à droite qui nous font de l’œil. Cette très ancienne vallée glacière est, en ce jour, vierge de toute trace. On a l’impression d’évoluer sur la banquise.

 

Coume de Mourens

 

Couloirs sur notre droite

 

La pente va se relever brutalement à l’approche d’un plateau

 

Le col frontalier est maintenant à vue. L’inclinaison est toujours importante est Yannick subit la pente. Je vais sortir le premier au col vers 2700m.

 

 

La vue côté espagnol porte jusqu’à la baie de Rosas, mais celle-ci sera de courte durée. Le vent est violent et fait tourbillonner de gros nuages qui nous masquent l’horizon et notre objectif. La neige porte toujours bien pour garder les crampons aux pieds. Nous engageons l’ultime ressaut qui se compose de deux rampes. A 12h35 par -3°C mais remplis de joie, nous atteignions le sommet. Nous voici enfin sur le 4ième plus haut sommet des Pyrénées-Orientales.

 

La croix sommitale – Plus de 2 mètres de neige sous nos pieds

 

La cime est remplie de skieurs Espagnols venus depuis la station de Vallter 2000. Pour chercher un peu de calme on pousse nos pas vers l’extrémité Ouest du sommet, avant que la pente plonge vers le pic du Freser. La visibilité est maintenant nulle et le froid est de plus en plus mordant.

 

Extrémité Ouest du sommet

 

Le vent ajouté au froid va nous repousser vers la suite de notre périple. On fait demi-tour vers l’Est en suivant la crête frontière. Malgré l’absence de visibilité l'orientation ne pose occupe difficulté : toute crête. Nous allons nous poser à l’abri du vent versant Français, sous le col du Géant pour prendre notre repas du midi. Cette pause est appréciée à sa juste valeur tant la matinée fut intense, en émotions diverses (rage de l’égarement du matin, beauté de la Coume, efforts pour atteindre le sommet). Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir donc cet arrêt sera bref. On échange les crampons par les raquettes et on repart sur la crête frontière, le corps à cheval sur les deux Catalogne.

 

En face le Pic de La Dona, au loin le massif du Canigou et à l'extrême droite sous le nuage on distingue la pointe du Costabonne

 

Nous allons cheminer en direction du Pic de La Dona sans l’atteindre, car même s’il est proche, l’horloge affiche déjà 14h00, ne nous autorisant plus à quelques détours que ce soit. On incline notre marche sur la gauche et l’on part pour dominer la combe remontée quelques heures plus tôt. Nous quittons donc la frontière pour chevaucher la Serre Gallinière cette fois en France. Le vent n’a jamais été aussi fort de la journée mais comme il est dans notre dos, il nous pousse avec vigueur. Des corniches se sont formées au bord du vide, ce qui n'incite pas à jouer aux funambules.

 

Les corniches donnaient un petit côté "alpin" à la journée

 

Avant la dernière pente qui mène au col del Pal, nous modifions encore notre cap non plus plein Nord, mais Nord-Est, pour atteindre directement le haut de la Serre de Caret, nous faisant ainsi « économiser » quasiment 30 min. Fini la neige et le froid hivernal, c'est comme si l'on avait traversé un hémisphère pour nous ramener à la chaleur printanière de saison.

 

De là d'où l'on vient

 

La suite du chemin nous la connaissons puisque nous retrouvons le tracé de la veille.

 

C'est là où l'on va

 

 

Pic du Tres Estelles à gauche face au Pic du Canigou, au centre le col de Mantet

 

En bas de la vallée de l'Alemany nous allons flâner un instant pour contempler un troupeau de chèvre. Encore 100m de dénivelé à remonter et nous bouclons notre ronde à 17h50.

 

 

 

Nous complétons par cette boucle notre connaissance de cette partie Ouest de la chaîne des Pyrénées qui se situe au delà du massif du Canigou. Elle demande à être parcouru par beau temps pour mieux profiter de la vue quelle offre tant sur les montagnes que sur la mer, car même si l'on s'en éloigne, la Méditerranée reste toujours visible. Ça reste quand même une course sérieuse à ne pas sous-estimer, en condition hivernale.

 

Le tracé GPS du week-end sur carte IGN

 

Les chiffres du jour :

Temps à la montée pause déduite 4h38 – 4h19 de descente

Temps de marche total 8h57 pour 22 Km

Dénivelé positif total : 1512m – Dénivelé négatif total : 1810m

Point culminant 2881m.

 



03/05/2012
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