Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Rando dans les Pyrénées en toute simplicité

Refuge d’Ensagents en hivernale

21/12/2019 : Eglise Sant Jaume dels Cortals – cami de l’Ossa – refuge d’Ensagents – aller/retour

 

La montagne en principauté d’Andorre, c’est bien plus que les immenses stations de ski. Si vous osez vous éloigner de ces temples à ciel ouvert de la glisse, pour vous aventurer dans une vallée confidentielle, alors vous aurez le plaisir de découvrir la beauté singulière de ses montagnes. Aujourd’hui, ma destination va me conduire jusqu’à un refuge. Seulement 600 mètres de dénivelé pour y parvenir, un échauffement en version été, mais en cette veille du premier jour d’hiver, la nature va dicter un autre tempo. Joël quitte son Vallespir pour me seconder dans cette découverte.

Préambule à cette randonnée, nous avions rendez-vous au port d’Envalira, mais il neige au-delà de 2000 mètres, et la route n’est pas praticable. Nous allons donc dormir au col du Puymorens. Quand nous nous levons à 4h30, la pluie a cessé. Pour entrer en Andorre, nous empruntons le tunnel d’Envalira, mais à la sortie la route est glacée ; nous manquerons d'ailleurs de peu un tête-à-queue. Il faut ensuite descendre au village d’Encamp, puis au premier rond point, prendre la première route à gauche. Nous devrons laisser la voiture au bord d’un virage pour cause de route totalement enneigée.

 

Nous prenons le départ à 6h05, depuis la petite chapelle Sant Jaume. Nous suivons le bitume, quand soudain le chasse-neige ne tarde pas à ouvrir la route. Dans l’obscurité, nous dépassons involontairement le départ du sentier, mais on peut se raccorder à celui-ci un peu plus haut. Tout se passe en forêt. Il faut chausser immédiatement les raquettes, neige continue dès 1900 mètres. Il faut suivre les balises jaunes, quand il y en a. Le sentier arrive à un premier croisement où nous prendrons à gauche, la direction du refuge. Le panneau informatif annonce 1h15, voilà qui semble raisonnable. A partir de cet instant, la quantité de neige est importante, ainsi que la neige fraiche. Nous nous enfonçons au mieux jusqu’à mi-tibia, soit 40 centimètres, au pire jusqu’à mi-cuisse soit 70 centimètres. Autant dire qu’il va falloir oublier les temps annoncés. Au lever du jour, soit pratiquement 1 heure après le premier panneau, nous parvenons à un nouveau croisement indiquant le refuge à 1 heure de marche. Les informations sont visiblement fausses. Ce second panneau indique également la direction pour le pic Alt del Griu.

 

Lever du jour sur la clairière - au fond panneau directionnel

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Temps indicatifs estivaux qui restent encore à être confirmés !
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La suite se passe toujours en forêt, et en l’absence de trace humaine et de balises trop rares, le GPS sera d’un grand secours. La marche est pénible, harassante, exténuante. Chaque pas coûte une énergie folle. Chaque lever de jambe, nous levons quelques kilos, un vrai travail de sape. Nous faisons à tour de rôle la trace, à raison de courts moments en tête. Comme des cyclistes, nous faisons des relais. Malgré cela, la fatigue s’installe. Alors, nous effectuons autant de pause que nécessaire tout en admirant ce décor hivernal de carte postale.

 

"Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas !" - clin d'oeil à la coma dels Llops toute proche
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L'un des couloirs sur notre droite du Cap de la Coma dels Llops
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Comme un air de grand nord canadien
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Le chemin passe à flanc de dalles, sur une section en pierres sèches. Puis il serpente en forêt, en coupant régulièrement le torrent d’Ensagents. A chaque traversée, c’est un nouveau piège où nous tomberons souvent. Disparaitre jusqu’au bassin, et s’extraire de ce trou demande beaucoup d’énergie. Cela va entamer fortement nos réserves énergétiques, mais pas notre volonté. Il fait pratiquement -10°C, un autre facteur qui demande à bruler du carburant. Quand le sentier arrive dans un creux face à des blocs colossaux, nous choisissons l’accès le plus à droite, celui le moins pentu. Erreur, il fallait prendre pleine pente. Mais cela n’aura pas grande incidence, nous reviendrons sur notre gauche en enjambant pas moins de trois talwegs. Le refuge se cache dans une clairière, quand les arbres se font plus rares. Nous sommes rendus à destination à 10h08, après 3h42, un temps énorme par rapport aux prévisions estivales. Mais nous voilà au soleil. Nous n’irons pas plus haut aujourd’hui. Outre la dépense énergétique, ce sont les conditions météo sur les crêtes qui nous inquiètent le plus. En observant la vitesse de déplacement des nuages, et les volutes de poudre arrachée aux cimes, la prudence demande à faire demi-tour.

 

Le refuge d'Ensagents dans son écrin blanc
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Deux portes, mais une seule s'ouvre
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Au loin la Coma Pedrosa

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Gros plan sur le pic de Coma Pedrosa
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Pic dels Llops
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Dans le ciel les volutes de neige donnent une idée de la violence du vent
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Il est plus que temps de manger, je frôle l’épuisement. Ce sera alors un petit-déjeuner grandement amélioré que nous prendrons à la terrasse. La porte du refuge principal s’ouvre vers l’extérieur, et avec l’enneigement actuel, elle se trouve bloquée. Impossible d’entrer. A l’avenir, il est indispensable d’apporter une pelle pour dégager l’entrée. La vie est belle au soleil quand les forces reviennent, mais durant cette heure de pause, les conditions météo se sont dégradées passablement. Il faut revenir sur nos pas au plus vite, avant d’être pris dans la tourmente. 11h25 top départ.

 

A bientôt, nous reviendrons !
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La trace est faite à présent, nous connaissons les pièges, et les sacs sont plus légers d’un repas. Le retour s’effectue rapidement. C’est presque trop facile dans ce sens ; ça en deviendrait frustrant. Nous pouvons constater que les panneaux informatifs n’ont pas dû être disposés dans le bon ordre, car les temps se contredisent d’un panneau à l’autre. Quand nous retrouvons le bitume, il pleut sur nos têtes tandis qu’il neige à plus de 2000 mètres. Nous avons respecté un timing parfait, car les conditions du jour ne permettaient de faire plus. Fin de cette matinée pleine de découverte à 13h30, pour 5h42 de marche contraignante. Nous aurons mis 2 heures à la descente, soit 1h42 de moins qu’à la montée. Des couloirs nous attendent encore, mais nous savons à présent qu’au cœur de l’hiver, une nuit au refuge est indispensable pour mener à bien ce projet.

 

Décors de rêve pour amoureux d'espaces vierges
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Le panneau indique le parking à 2 heures, encore une erreur
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Les panneaux sont beaux, mais les temps incorrects

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Point de départ du sentier
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Tracé du jour :


Visorando

 

Les chiffres de la journée :

Temps de marche total 5h42 pour 11,55 km à 2 km/h

Dénivelé positif total : 654m – Autant en négatif

Point culminant : 2420m



23/12/2019
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